Voici quelques passages des principales critiques diffusées dans la presse ou sur le net.
Avec son premier roman, Hell, paru en 2002, Lolita Pille avait séduit ou agacé (ou les deux). Mais beaucoup avaient dignement salué la rage et le talent qui se dégageaient de l’ouvrage. Dans la lignée de Bret Easton Ellis, Lolita Pille y déplorait le gouffre de la société friquée qui avait fait d’elle un monstre, vêtu de marques de la tête aux pieds et en proie à un terrible vide intérieur. C’est donc avec impatience que l’on attendait le second roman de la créature, histoire de voir si la demoiselle allait transformer son coup d’essai.
Bubble gum est la suite logique de Hell. Poursuivant son exploration haineuse de la société chic et people, la romancière choisit cette fois une construction à deux voix. La première est celle de Manon, une jeune provinciale prête à tout pour réussir. C’est le double parfait de la Hell du premier roman, insatiable mais insatisfaite, lucide mais aveuglée par les néons de la gloire, rageuse, mais profondément désemparée. La seconde est celle de Derek, un milliardaire cynique et désabusé, étouffé par l’argent et l’oisiveté, lui aussi photocopie d’Andréa, le ténébreux personnage masculin du premier roman. Le but de Manon est simple: quitter son village de cul-terreux – symboliquement appelé Terminus ! – et devenir célèbre, à tout prix. Celui de Derek l’est tout autant : «J’ai décidé de détruire quelqu’un, briser une existence, massacrer un destin, et tout à fait injustement, choisir un innocent, quelqu’un qui pourrait être heureux (…) et en faire une épave dans mon genre (…)». Entre eux, ce sera la collision fatale…
Si Hell résonnait comme un cri de rage ininterrompu contre les mirages de la jet-set, Bubble gum comporte cette fois une intrigue plus consistante. Et la violence brute que l’on avait appréciée chez Lolita Pille s’efface parfois ici au profit d’une construction alambiquée. On sent que la jeune femme peine à tenir son histoire, laquelle finit d’ailleurs par une sorte de conclusion apocalyptique un peu inutile. Bien évidemment, le talent est toujours là et le style a mûri. Lolita Pille fustige les rêves de gloire et de reconnaissance qui ne riment à rien. Avec un style hallucinatoire, elle dénonce les diktats du luxe et de l’apparence qui happent vers le néant. Dans des descriptions totalement barrées, oscillant entre rêve décousu et réalité speedée, on perçoit encore une fois la révolte sincère contre le miroir aux alouettes que tend une société malade: «On n’était même pas des artistes maudits, on n’était pas des artistes. On avait tenté de détourner l’art à notre petit profit: on voulait la gloire et le pognon. On ne devient pas une star pour de mauvaises raisons. On n’avait pas d’idées à défendre, pas d’idéaux, pas de passion, pas de talent, à peine une âme. En fait, c’était moral, c’était bien fait. On était des arrivistes maudits. Ca ne nous aurait pas dérangés de faire de la merde, pour peu qu’on nous adule et qu’une foule en délire hurle nos noms connus devant des boîtes de nuit.»
Malgré ses faiblesses, Bubble gum distingue une fois de plus la jeune Lolita Pille. Alors que la plupart des collègues de sa catégorie – jeunes écrivains friqués et branchés, Frédéric Beigbeder et Nicolas Rey en tête – s’abîment parfois dans une fascination gênante pour les paillettes, Lolita Pille fait la différence: ce monde de parvenus, elle semble d’autant plus le détester qu’elle n’arrive pas à s’en extraire. Et d’afficher parfois un fatalisme sans appel qui pourrait presque la faire passer pour une moraliste : «Tape-toi la terre entière, suce des queues, pratique le triolisme et la sodomie en plein air, sur des parkings par exemple, puisqu’il n’y a que ça qui t’intéresse. Les préservatifs machin : plus rien ne t’empêche d’être une salope.»
Caroline Bee, parution.com
Parution sur Bubble GumLolita Pille. Vu l’état d’esprit de la littérature en France, on pouvait s’attendre au pire avec une auteure portant un tel nom. Vous rajoutez l’éditeur, le sujet et le type de promo, et vous comprenez mieux pourquoi des tas de gens se détournent de tas de livres par pur préjugé (souvent conforté). Heureusement, une minorité passe la première barrière genre «vous savez, moi, les dégoûts et les douleurs, c’est une question de» et tente une incursion. Et, de temps en temps, ne perd pas son temps. Voire se délecte.
Et là, c’est le cas. Ce fut le cas dès «Hell» et «Bubble Gum» le confirme: elle, c’est pile une lolita ! (OK, facile, mais pourquoi s’interdire la facilité ?). Dès le premier chapitre de «Bubble Gum», vous avez pile poil (et vlan, une seconde couche…) ce qu’il peut y avoir dans la tête d’une ado perdue dans un coin paumé de la France très/trop profonde. C’est exactement ça. No comment. Et la suite confirme, avec une dose d’humour massue, un vrai régal.
Bref, ignorez vos appréhensions, Lolita Pille, c’est la fille qu’il vous/nous faut. Et dire qu’un film va être adapté de «Hell» ! Pourvu qu’on ne confie pas ça à un tâcheron du ciné branlette tricolore…..
Nota: elle a un site aussi, moins rigolo, mais en grattant bien, y a des perles.
Celia Bleue, le 7 avril 2004
Lire l'article de Celia Bleue
Lolita Pille fait le tour des hauts lieux du Paris des pétasses fortunées
Lire l'article de LibéSie ist reich, jung, schön, arrogant, zynisch und in ihrer Überheblichkeit so gar nicht sympathisch. Sie gehört zur Pariser High Society, zieht durch Luxusboutiquen, Edelrestaurants und Szene Clubs, immer auf der Suche nach der neuesten Tasche von Gucci, der nächsten Line Koks und dem hemmungslosen Exzess. Und doch sucht die so kalt und hart wirkende Hell etwas ganz anderes im Leben, was der ebenso reiche und illusionslose Andrea zu verkörpern scheint. Es beginnen sechs Monate im Glück, sechs perfekte Monate ohne die quälende innere Leere und dann - das Ende.
Joy.deGilles Delfino, rave@orange.fr
Pour son premier roman, Lolita Pille, qui n'a que 19 ans, n'évite pas toujours le piège de la caricature et de la facilité. C'est de son âge. Mais il lui sera beaucoup pardonné parce qu'on ressent chez elle une véritable rage d'écrire pour exorciser ses démons. Et puis il arrive qu'entre deux fêtes VIP son héroïne lise Belle du seigneur et Le Bleu du ciel, cite Baudelaire et Léo Ferré. On espère que cette ferveur littéraire se ressentira de façon plus mature dans son prochain roman.
Denis Gombert, Amazon.frElle sniffe, elle boit, elle flambe. Mais, surtout, elle s'ennuie. Et nous avec
Evidemment, on n'aimerait pas trop jouer les pisse-froid en plein mois de juillet, quand les copines sur le point de partir en vacances nous demandent si l'on n'aurait pas quelque part le livre branché de l'été: «Tu sais, le roman de la pétasse...» Ledit roman s'intitule Hell et débute effectivement ainsi: «Je suis une pétasse.»
Le premier roman de Lolita Pille, Hell a pour les plus de trente ans, l'effet d'un bain de jouvence. On y redécouvre l'exaltation de fracasser une bouteille de Champagne en roulant à toute vitesse Place de la Concorde. Tandis que dans les toilettes des boîtes de nuit «décorées façon hôtel de passe de luxe», on apprend à nouveau à repérer les impostures des pouffiasses: «l'intérieur de leur sac n'est pas siglé, et elles en sortent sans sourciller mascara et rouge à lèvres de supermarché»……
Brigit Bontour, ecrits-vains.comEntre romantisme et cynisme, voici les débuts d'un adorable monstre de dix-neuf ans.
Rave.olutionDans cette histoire d'une «pétasse», enfant gâtée de l'Ouest parisien, en dépit de clichés agaçants, Lolita Pille, 19 ans, a une voix qui retient l'attention. Alors que ses copines, «accrochées à leur sac Fendi comme si leur équilibre en dépendait», traînent leur ennui en faisant des overdoses ou des tentatives de suicide, son héroïne, Hell, se fait avorter. Ce qu'elle croyait n'être qu'une expérience de plus se révèle suffisamment traumatisant pour que, aidée par sa lucidité, elle prenne brutalement conscience de la vacuité de son existence. Si Lolita Pille fait probablement partie de cette génération dopée à Bret Easton Ellis et à Frédéric Beigbeder, cela ne l'empêche pas de relire «Harmonie du soir», de Baudelaire. Et, derrière l'insolence exaspérante, on devine une jeune femme assez douée et assez lucide pour déjouer les pièges et les mensonges d'un tout petit monde médiocre.
EMILIE GRANGERAY, Le Monde, 26 Juillet 2002
Il était une fois une pauvre petite fille riche qui habitait le XVIe arrondissement de Paris, sortait beaucoup, mais seulement en Prada-Gucci, se droguait comme elle respire, tombait amoureuse d’un garçon aussi désabusé qu’elle…
NOTRE AVIS. Prose et pose provocante. Ecriture enlevée. Traversée de fulgurances. Un premier roman plein de talent, écrit par une jeune fille de 19 ans.
Vincent Monnier, challenges-eco.com, Conso N° 180, juin 2002
Il y a des misères que l’on peine à trouver acceptables. En témoigne ce premier roman. Cela dit, comme la traduction de son nom l’indique, la misère de Hell c’est de vivre l’enfer. Celui des quartiers chics de la capitale, des Porsche, des Ferrari dans lesquelles on se vautre, de la coke dans laquelle on se noie pour tromper le mortel ennui, de l’argent dont on se déleste à satiété dans les boutiques de luxe, des mecs, qui «ont tout et ne sont rien», «baisés» sans le moindre appétit, du mépris affiché, revendiqué contre l’ensemble de l’humanité. Rien de tel que l’oisiveté à la sauce parisienne pour miner Hell, cette riche pétasse de dix-huit ans, paumée, enfant gâtée, figure affligeante d’une jeunesse dorée, contrepoint exécrable à celle plus préoccupante des banlieues, dévertébrée et revenue de tout avant même d’avoir commencé. N’empêche, Hell est en souffrance. Celle d’une pauvre nantie. Et si elle est peu partagée, cette forme de misère existe pourtant. C’est l’objet de ce roman. Très irritant. Mais c’est là sa réussite.
DS MagazineLes éditions Grasset viennent de publier «Hell» de Lolita Pille, un furieux roman sur la jeunesse dorée parisienne, écrit à 17 ans par une inconnue (mais mignonne). Au programme: Cabaret, Queen, Coke... Cabaret, Queen, Coke... Parfois une petite pause détente à l'Hôtel Costes (retrouvez tous ces lieux dans notre guide!). La jeune fille en fait des tonnes, mais c'est marrant! Les mots les plus cités sont: Porsche, Gucci et Dior. La protégée de Beigbeder transforme les deux ou trois enfants gâtés qu'elle a du «pécho» au Flandrin en généralité.
Rassurons les parents! Non, vos enfants ne prennent pas tous de la coke! D'après Lolita, ça coûte 600 balles, alors mieux vaut faire semblant avec de la farine Alsa.
A 19 ans, la Parisienne bien sur elle publie un premier roman péremptoire: «Hell». L'histoire d'une gosse de riche qui crache dans la soupe. Toute ressemblance...
Réponse de Lolita Pille: «Moi, une tête à claques? Dans ce cas, ce n'est pas seulement moi qu'il faut gifler, c'est toute l'humanité.»
Blaise Angel, Edelweiss, n°41-42 juillet-août 2002
Ecrit en six mois, Hell est un premier roman se déroulant dans le milieu parisien friqué, avec des réparties qui claquent comme des slogans publicitaires. Lolita Pille, 20 ans, est comme son personnage, une gosse de riche qui s'éclate jusqu'à plus sexe, mais dont les fêlures apparaissent sous des lunettes Gucci et une couche de coke.
Maxime Pegatoquet, Dimanche.ch, Juin 2002
Où l’on apprend d’une jeune femme de 19 ans qu’il est très dur d’être super-riche
Même sa ravissante et faussement cynique personne calibrée pour la libido télévisuelle s’avère sympathique, et même sa jeune prose, semble-t-il promise à un vertueux haussement d’épaules, s’avère lisible, voire prometteuse.
Aude Lancelin, Le Nouvel Observateur, Semaine du jeudi 23 mai 2002 - n°1959
Grâce à Lolita Pille, la pétasse bourge 16e; ne se cache plus. Elle écrit «Hell », bible de l'ennui bourgeois parisien, et se fait publier chez Grasset. Un conseil, si vous êtes écrivain, n'allez pas chez Grasset, la maison de Sollers et Pille. Deux raisons d'éviter la rue des Saints-Pères.
L'organe Magazine, Juin 2002
Étonnant ! Parce que Lolita Pille a écrit ce manuscrit à l'âge de 17 ans et qu'elle en a 19 aujourd'hui.
«Hell» est un livre d'une méchanceté bondissante sur la condition de gosse de riche à Paris.
Lolita continue malgré tout de chercher l'amour, elle a heureusement encore un peu d'espoir. À 19 ans, ce serait dommage...
Frédéric Beigbeder, Paris Première, Juin 2002